Le Blogue d'Igor

"Heureux ceux qui se regardent avec humour car ils n'ont pas fini de rigoler ..." Lao Tseu

dimanche 5 janvier 2014

mes voeux depuis Juvignac

Puisque je vous envoie mes voeux pour l’année 2014 depuis Juvignac* où je réside maintenant après 37 ans à l’Aiguelongue (avec quelques intermèdes à Paris et à Caen), parlons un peu de Juvignac.
 

 
Ancien lieu-dit (vous pouvez toujours chercher un coeur de village comme à Pignan, Lavérune ou Saint-Georges d’Orques pour ne citer que les bourgades ou petites villes proches) qui a grandi de façon foudroyante depuis les années 70, et le mouvement s’accélère avec l’arrivée du tram et la construction du quartier les Constellations où l’immeuble de ma résidence Eden Flower se situe, Juvignac est organisée autour du centre commercial les Portes du Soleil (Intermarché et commerces satellites de la galerie marchande et parking sur dalle). La nouvelle mairie et la nouvelle poste sont en lisière de ce centre. Le reste n’est que lotissements pavillonnaires à perte de vue dans toutes les directions et quelques zones d’activité (matériaux et artisans divers pour construire et entretenir ces maisons).
 jvignac_ancienne_mairie.JPG
Il faut dire que cette commune limitrophe de Montpellier créée en 1790 comptait 89 habitants en 1959 et près de 6.000 en 1999. Les projections démographiques tablent sur 12.000 habitants vers 2015 compte tenu des programmes immobiliers en cours.
 
Donc, même si des mentions historiques anciennes sont attestées : halte d’Hannibal en – 219 sur la route de l’Italie,  implantation romaine, construction du pont roman ensuite en 1150 sur la route d’Arles vers Compostelle puis constitution de l’immense domaine du trésorier Joseph Bonnier de la Mosson dont il reste les vestiges du château (une folie du XVIIIème siècle) ........, Juvignac est longtemps resté un espace peu peuplé occupé par de vastes propriétés souvent viticoles depuis le XIXème siècle (campagnes et châteaux comme celui de la Caunelle ou de Fourques). Au XIXème siècle l’établissement thermal de Fontcaude a été en vogue avec sa source de la Validière.
nouvel_hotel_de_ville_juvignac.JPG
 
Je me souviens très bien des entrepôts qu’on longeait dans les années 70 en empruntant la route de Lodève depuis Celleneuve et du début de l’urbanisation avec les chalandonnettes, ces maisons à touche-touche construites à prix bas pour rendre le rêve de la maison individuelle accessible. En quittant Juvignac on passsait près de l’entreprise de TP Jean Lefèvre (“Jean Lefèvre travaille pour vous”) et après c’était la campagne jusqu’à Saint-Paul-et-Valmalle.
 
Je crois qu’il est saisissant de comparer l’ancienne mairie (qui date je pense du XIXème siècle), conçue pour une centaine d’habitants et devenue le siège de l’école de musique, à l’actuel hôtel de ville qui doit bien être dix fois plus gros : voir les deux photos.
 
Donc le meilleur de ce que vous souhaitez pour vous et ceux qui vous sont chers en 2014.
 
Et prenez de bonnes résolutions comme de me faire signe ou même passer me voir (facile, je suis à moins de 100 m du terminus du tram n°3). Même si j’ai quelque peu allégé ma cave, il me reste suffisamment de bons flacons pour se faire plaisir. Les agapes sur invitation reprendront au printemps quand j’aurai avancé dans mes rangements et que l’on pourra séjourner sur la terrasse mais d’ici-là vous pouvez être spontanés....
 

* Cependant j’écoute en direct le concert du Nouvel An sous la direction de Daniel Barenboïm transmis en direct de Vienne depuis le Musikverein et me reviennent les souvenirs de ce concert rituel écouté dans la salle même dans les années 90 grâce à mon amie Helga P. et au sortir duquel nous allions manger quelques-uns de ces délicieux toasts chez  Trzesniewski  (ah ses inimitables Brötchen, mes madeleines sont plutôt salées que sucrées ! ...... )

dimanche 24 mars 2013

Jamais seul

Quand elle vous prend, elle ne vous lâche plus. Je veux parler de Nina Berberova, immense auteure russe devenue tardivement célèbre en France à la faveur du succès de son roman L'accompagnatrice et de l'adaptation cinématographique qu'en a tiré Claude Miller. Les éditions Actes Sud ont beaucoup œuvré pour la faire connaître à partir des années 1980 et c'est ainsi que j'ai retrouvé, en faisant un tri de mes livres, son recueil de nouvelles Chroniques de Billancourt.

 

Je le feuillette et commence à en lire des passages et me voilà poursuivant ma lecture, accroché par ce style cursif et nerveux qui lui permet de mettre en scène le petit peuple de l'émigration russe rassemblé autour des usines Renault dans les années 1920 et 30 avec, à la fois, ironie et tendresse.

 

Je ne veux pas vous parler cependant des grands mérites de l'auteure dont on lira avec intérêt la postface à ses Chroniques parue au début des années 1990. Je veux simplement aujourd'hui vous citer un petit bout de phrase tiré de la nouvelle Le violon de Billancourt où mon nom apparaît fugitivement « La situation de ceux qui avaient compté sur les autres avait empiré et ils avaient dû, ayant perdu leur emploi, se ruer sur Paris ou, au contraire rester cois chez eux, n'ayant soudain plus besoin de se rendre chez Gourevitch, le spécialiste des maladies vénériennes, ni chez Saussey, le dentiste..... ».

 

Et voici qu'apparaît un Gourevitch, ou Gourévitch (transcription de Гуревич qui devrait s'écrire en français Gouriévitch), qui semble avoir été un médecin et dont je ne sais rien. Ce n'est pas le premier Gourevitch (autre que ceux de ma famille proche) qu'il m'arrive de remarquer. Ainsi si l'on considère le nom des MiG, ces avions de combat russe, on apprend que c'est l'acronyme de Mikoyan et Gourevitch qui sont les patronymes des deux concepteurs des premiers modèles de ces avions dans le cadre du bureau d'études aéronautiques portant ce nom.

 

Un autre Gourevitch est sorti de l'ombre lors de son décès en 2009, l'espion Anatoli Markovitch Gourevitch qui avait joué un rôle important dans le réseau « L'Orchestre rouge ». Sa vie avait été plus qu'un roman, avec des rebondissements incroyables jusqu'à son décès à 96 ans....

 

En cherchant bien on trouve encore plein de Gourevitch/Гуревич /Gourévitch bien que ce patronyme ne soit pas aussi fréquent que Popov en Russie et que Martin en France.

lundi 4 mars 2013

La réponse à la charade de février

C'était Keith Jarrett  pour son homophonie approximative avec "Kif, j'arrête"

Quelques bonnes réponses me sont parvenues, bravo.

Pour celles et ceux qui veulent creuser la question l'article"charade" de Wikipedia est bien rédigé. L'ayant lu, on y voir plus clair dans les genres et types de charades, ce qui est très utile dans la vie.

jeudi 3 mai 2012

Sur Jules Renard

Jules Renard, que nous connaissons le plus souvent par "Poil de carotte" dont des passages étaient cités ou dictés autrefois à l'école, était d'un abord assez rugueux, cultivant même un peu cet aspect. Son condisciple Emile Reynaud au lycée Charlemagne, à Paris, le décrit ainsi quand il avait environ dix-sept ans :

 "C'était un grand garçon roux, solide, au front bombé, à la physionomie originale et fine, aux yeux aigus, mais taciturne et peu enclin aux confidences....... Comme un coeur trompé que l'expérience a rendu méfiant, il décourageait les approches."

 

Cependant il avait de solides amitiés littéraires et artistiques. En témoigne par exemple les artistes qui ont tenu à illustrer ce que je tiens pour un marqueur civilisationnel, les Histoires naturelles, à savoir Valloton, Toulouse-Lautrec, Bonnard..... ou à ciseler leur musique sur ses mots comme Maurice Ravel. Extraordinaire observateur, il regarde, il écoute et rend par de merveilleuses petites touches la vie des hommes et de la nature. Son art est, à la façon de l'art japonais qui a tant  fasciné les artistes de cette époque, une recherche de la concision et du mot juste comme l'évoque Marcel Boulenger :

 "Il veut la vérité. Sans rechercher la poésie mais en la laissant se dégager elle-même de ses phrases qu'il épure autant qu'il est possible. Il les ponce, il les polit, il ne les lâche pas tant qu'elles n'ont pas exprimé le plus en disant le moins." 

 

En bref, c'est un auteur plus que fréquentable, dont la lecture est stimulante et réjouissante par son humour quelquefois corrosif et son ironie qu'on retrouve aussi bien dans son Journal que dans ses délicieuses Histoires naturelles. On en saura plus en allant dans le site des amis de Jules Renard.  

J'emprunte quelques citations à Jules Renard dans mon billet la pensée du mois de mai 2012. Par instant, il semble frôler la misogynie, mais je ne suis pas persuadé que cela soit constitutif de sa pensée, plutôt une réaction à l'égard d'une mère qui l'a rejeté dans son enfance. 

samedi 31 mars 2012

Sous le choc d'Unica

Je suis allé ce mercredi 28 mars au théâtre des 13 Vents dans le cadre de mon abonnement pour l'adaptation de la nouvelle d'Unica Zürn Sombre printemps sous le titre de Dark Spring joué par une immense comédienne, Claude Degliame, et un groupe musical décoiffant, Coming Soon (folk/rock/metal......).

Je connaissais vaguement Unica Zürn comme ayant évolué dans les milieux du surréalisme des années 50, sans plus. Je ne m'attendais pas à un tel choc avec ce texte où la femme d'une cinquantaine d'année convoque et évoque la petite fille qu'elle a été dans le Berlin de la 1ère guerre mondiale finissante. Elle y affronte les démons de tous ordres, personnels, familiaux, sociaux, historiques qui ont façonné sa personnalité complexe.

J'ai voulu en savoir plus sur cette femme devenue en 1953 la compagne du plasticien Hans Bellmer connu, lui, pour son engagement anti-nazi et dont la Poupée est devenue un des emblèmes du surréalisme (voir le site) Une étude remarquable sur l'oeuvre et la vie d'Unica Zürn se trouve dans le site de la revue franco-allemande La mer gelée et je vous conseille vivement de vous y rendre.

Entre autres activités artistiques Unica Zürn a pratiqué le dessin automatique et l'anagramme. Dans ce dernier la règle du jeu consiste à n'utiliser que les lettres et toutes les lettres du premier vers dans les vers suivants. C'est donc une écriture sous forte contrainte comme celles pratiquées en France par quelqu'un comme Georges Perec et ses amis oulipiens. Dans le cas présent cette forte contrainte semble faire jaillir des sens profonds et cachés. Voici un de ses poèmes-anagrammes, traduits par Ruth Henry et Robert Valançay. À vous d'apprécier.

HINTER DIESER REINEN STIRNE

Hinter dieser reinen Stirne
redet ein Herr, reist ein Sinn,
irrt ein Stern in seine Herde,
rennt ein seid’ner Stier. Hier

der Reiter Hintersinn, seine
Nester hinter Indien — Irr-see —
Irr-Sinn, heiter sein — Ente der
drei Tinten-Herrn — reisen sie
— ein Hindernis ! Retter seiner

Dinten-Herrn — ist es eine Irre ?

DERRIERE CE FRONT PUR

Derrière ce front pur
Un monsieur parle, une idée voyage,
une étoile s’égare dans son troupeau,

un taureau de soie s’élance.
Voici le cavalier Réticence,
ses nids sont derrière les Indes.
Mer en folie — Folle idée.
Serein — Le canard des trois seigneurs de l’Encre.

Ils voyagent — des traverses ! —
Sauveteur des seigneurs de l’Encre —
Est-ce une folle ?

lundi 4 janvier 2010

Mes vœux pour 2010

Chères et chers ami(e)s,
 
Qu'avec la santé, l'année 2010 vous apporte ce que vous souhaitez garder ou obtenir pour vous et vos proches (ami(e)s ou famille), sans en priver les autres et sans nuire à la planète (que votre bilan carbone soit modéré).
 
Pensez cette année à me donner de vos nouvelles de temps à autre et à me rendre visite à Montpellier, ville palpitante.
 
Amicalement,
 
Igor

jeudi 20 mars 2008

Une bordée de noms pour saluer le printemps

Ce ne sont pas des injures passées par la bouche du capitaine Haddock (il existe des sites pour cela) mais des noms de plantes à fleur. La nature est belle et l'imagination lexicale des hommes sans limite.

Phalangère à fleur de lis
Ornithogale en ombelle
Rhinante du midi
Adonis de printemps
Lotier corniculé
Hippocrépide à toupet
Genêt poilu
Anthyllide vulnéraire
Carline à feuile d'acanthe
Épervière piloselle
Thymélée des Alpes ......

 

lundi 30 juillet 2007

À propos de Niels Bohr

En tant que chimiste de formation, j'ai pensé qu'il aurait été injuste de n'évoquer Niels Bohr qu'à travers la citation humoristique que je lui emprunte pour la pensée du mois d'août. Sous ces dehors désinvoltes et propres à faire sourire, cette phrase renvoie à toute l'indétermination entre position et vitesse des particules que la physique moderne (1920-1940) a mis en évidence et à laquelle Bohr a apporté une contribution majeure. Les chimistes de base, comme moi, vivent toujours sur le modèle d'atome qu'il a imaginé (électrons répartis en couches et propriétés chimiques de l'élément déterminées par la dernière couche où se trouvent les électrons aptes à se lier à ceux d'autres éléments) ; ça vous rappelle quelque chose ? Ci-dessous une petite bio de Niels Bohr trouvée sur internet.

Niels Bohr (1885 - 1962)

Physicien danois connu pour sa contribution à la physique nucléaire et à la compréhension de la structure de l'atome et à l'interprétation de la théorie quantique.
Né à Copenhague, Bohr entre en 1912 au laboratoire de Rutherford à Manchester. La théorie de Bohr sur la structure atomique, pour laquelle il recevra le prix Nobel de physique en 1922, est publiée entre 1913 et 1915. Son travail s'inspire du modèle de l'atome de Rutherford, dans lequel l'atome est considéré comme formé d'un noyau compact entouré d'un essaim d'électrons. Le modèle atomique de Bohr utilise la théorie quantique et la constante de Planck (le rapport entre la taille du quantum et la fréquence du rayonnement). Le modèle pose en principe que l'atome n'émet de rayonnement électromagnétique que lorsqu'un électron transite d'un niveau quantique à un autre. Ce modèle a contribué énormément aux développements ultérieurs de la physique atomique théorique. Les travaux de Bohr conduisent au développement du concept selon lequel les électrons sont répartis par couches et les propriétés chimiques d'un atome sont déterminées par les seuls électrons situés dans la couche périphérique.
En 1916, Bohr rejoint l'université de Copenhague pour y travailler comme professeur de physique et, en 1920, il devient directeur de l'Institut de physique théorique nouvellement créé à l'université. Cet institut deviendra, jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, le centre d'une activité théorique remarquable et verra naître les développements les plus féconds de la théorie quantique. Pour lever un certain nombre de difficultés de cette théorie, Bohr élabore plusieurs principes. Le principe dit de correspondance permet d'établir un passage entre la physique classique et la physique quantique. Le principe dit de complémentarité vise à dépasser l'impossible description simultanée des objets quantiques comme étant des ondes et des particules.
En 1939, il se rend compte de l'importance des expériences de fission menées par les savants allemands Otto Hahn et Fritz Strassmann. Aux États-Unis, lors d'une conférence, il convainc les physiciens de l'importance de ces expériences. Il démontre plus tard que l'uranium-235 est l'isotope de l'uranium qui subit la fission nucléaire. Il retourne alors au Danemark, où il est forcé de rester après l'occupation allemande du pays en 1940. Il finit cependant par s'enfuir aux États-Unis, où il participe à la réalisation de la première bombe atomique (projet Manhattan), à Los Alamos (Nouveau-Mexique). Il s'opposera cependant au caractère secret de ce projet, redoutant les conséquences potentiellement négatives de ce développement inquiétant.